|
|
||
|
80 RECHERCHES SUR MOUÈRE.
|
||
|
|
||
|
aussi la veuve de Molière se vit-elle refuser par l'archevêque la permission qui avait été accordée un an auparavant pour sa sœur Madeleine. Le corps de Molière ne put entrer dans l'église où il avait reçu le baptême ; il fut seulement permis au curé de Saint-Eustache « de donner la sépulture ecclésiastique au corps du défunt Molière, dans le cimetière de la paroisse, » à condition néanmoins que ce serait sans aucune pompe, et avec deux prêtres seulement, et hors des heures du jour et qu'il ne se ferait aucun service solennel pour lui « hi dans ladite paroisse Saint-Eustache, ni ailleurs. » Quatre jours après la mort de Molière, le mardi 21 février 1673, Ton fit sur les neuf heures du soir, dit une relation du temps, % le convoi de Jean-Baptiste Poquelin Molière, tapissier valet de chambre, illustre comédien, sans autre pompe, sinon de trois ecclésiastiques; quatre prêtres ont porté le corps dans une bière de bois, couverte du poêle des tapissiers, six enfants bleus portant six cierges dans six chandeliers d'argent, plusieurs laquais portant des flambeaux de cire blanche allumés. Le corps pris rue de Richelieu, devant l'hôtel de Crussol, a été porté au cimetière de Saint-Joseph, et enterré au pied de la croix. Il y avoit grande foule de peuple et l'on a fait.distribution de mille à douze cents livres aux pauvres qui s'y sont trouvés, à chacun cinq sols1. »
Des trois enfants de Molière, il ne restait qu'une fille âgée de sept ans et demi au moment de la mort de son père. Par acte du Châtelet, en date du 4 mars 1673, Armande Béjard avait été nommée tutrice de sa fille, et André Boudet, oncle paternel de l'enfant, subrogé tuteur. Le 13 mars suivant, fut commencé en leur présence l'inventaire fait à la conservation des droits de la veuve et de la fille mineure par les notaires Levasseur et Beaufort, et par l'huissier-priseur Jacques
1. Cette relation sans signature, faite Pour monsieur Boyvin, prêtre, docteur en théologie à Saint-Joseph a été publiée par M. Benjamin Fillon dans ses Considérations historiques et artistiques sur ies monnaies de France, 1851, in-8, page 193.
|
||
|
|
||